J’aime me définir avant tout comme une militante. Car un jour, il y a bien longtemps, j’ai pris l’engagement vis-à-vis de moi-même de ne jamais rester les bras croisés face à l’injustice. Tout en sachant pertinemment que l’Histoire a sa propre dynamique, je suis profondément convaincue que l’action militante contribue à infléchir son cours. Qui plus est, je me dis toujours que les pays développés, modernes et démocratiques n’ont pas toujours été ainsi et qu’ils doivent leur progrès aux luttes et à l’action militante d’hommes et de femmes qui se sont engagés pour les mêmes valeurs que celles pour lesquelles je me bats.
Les valeurs auxquels je crois sont simples. La justice la liberté l’égalité et surtout les valeurs humanistes. Je crois en l’être humain et je lutte pour le respect des droits humains et de la dignité humaine. Même si parfois certaines personnes sont capables du pire. Je crois que c’est l’injustice, l’ignorance et la violence qui provoquent un effet boomerang et qui conduisent certains à commettre des actes de violence extrême.
Mon objectif prioritaire c’est de faire de mon pays le Maroc, un pays où il fait bon vivre pour tout le monde. C’est de faire que notre société soit une société juste et qui offre sa chance à tout le monde. Une société où l’effort et la compétence sont récompensés. Une société développée et qui utilise les compétences et le savoir faire de tous ses membres, les femmes et les hommes de ce pays.
Le PPS, Parti du Progrès et du Socialisme m’a convaincue alors que j’étais au printemps de ma vie. Je suis convaincue par ses valeurs qui sont aussi les miennes, par son idéologie et par sa ligne politique claire et courageuse qui privilégie l’intérêt national à ses propres intérêts. Je suis fière du rôle qu’a joué mon parti, le PPS dans l’histoire de la lutte contre le colonialisme, la lutte pour la libération du Sahara marocain, la lutte pour la démocratie, la liberté et l’égalité des sexes. Ce que je suis aujourd’hui, je le dois aussi au PPS et à d’éminents membres de ce parti qui m’ont appris et éduqué dans les valeurs que je transmet aujourd’hui à mon tour.
Il est bien difficile de faire le bilan d’un mandat parlementaire en tant que députée, car il s’agit avant tout d’une action collective et ce serait prétentieux de s’attribuer une action qui se fait dans le cadre d’un groupe. Ceci dit, en tant que Chef de groupe de l’Alliance Socialiste (composée alors des députés du PPS, du PSD et de l’Ahd) durant l’année 2003-2004 j’ai joué un rôle important par exemple dans la discussion du Code de la Famille, qui a été un projet de loi passionnant à étudier, à discuter, à plaider à la lumière de tous les problèmes vécus par les femmes et dont j’avais une grande expérience. Il en va de même plus récemment dans le code de la nationalité pour donner aux marocaines le droit de transmettre leur nationalité à leurs enfants nés de père étrangers. J’ai présenté plusieurs propositions de loi dont l’une visant la création d’un observatoire national de l’égalité. Mais pendant toutes ces années, j’ai été première Vice-présidente de la commission des secteurs sociaux et j’ai suivi de près les politiques en matière de santé d’éducation, d’emploi et de formation professionnelle, la politique à l’égard des jeunes et des femmes. J’ai toujours été très sensible à la situation des personnes handicapées et enfin le sport a également été au centre de mes préoccupations. Les affaires sociales et le sort des personnes fragilisées, marginalisées, exclus, les femmes victimes de violences, les mères célibataires, Tous ces problèmes me préoccupent beaucoup et je me suis pleinement engagée dans tous les travaux de cette commission. Je ne me suis pas contentée de cela, j’ai aussi participé pleinement à la discussion du Code électoral, à la loi des finances et à d’autres projets de loi dans différentes commissions. Dans la diplomatie parlementaire j’ai également été très active. J’ai reçu une multitude de délégations parlementaires mais aussi des journalistes et des étudiants chercheurs de plusieurs pays du monde. J’ai participé à une multitude de conférences nationales et internationales (voir la rubrique activités). Ce n’est pas un bilan exhaustif mais quelques exemples seulement.
J’ai été conseillère communale de 1997 à 2003. je représentais une petite circonscription de Casablanca à l’ancienne Commune de Sidi Bélyout. C’était une expérience passionnante. L’école élémentaire de la politique comme je me plaisais à qualifier le travail communal. J’ai fait de la proximité au quotidien. Je connaissais par cœur la vingtaine de rues que je représentais. Je connaissais tous les démunis du quartier. J’étais au courrant des moindres choses qui s’y passaient. J’entretenais une relation de communication constante avec les habitants. J’avais même édité un journal dans lequel je parlais du quartier, de mes réalisations avec la collaboration des citoyens et citoyennes et des difficultés. J’ai vraiment fait de mon mieux et les gens me le rendent bien. Maintenant encore, il m’arrive de faire un tour à pied dans le quartier et je suis fière de voir l’amitié que me manifestent les habitants. C’est donc une expérience qui n’est pas de toute simplicité car il faut une disponibilité de tous les instants mais, j’avoue que c’est gratifiant car vous sentez vraiment que vous contribuez à rétablir l’espoir chez la population.
Bien avant moi, le philosophe chinois Confucius (6e siècle avant JC) avait répondu à une telle question en disant « commencez par la parole ». Je partage totalement cet avis. Je pense que nous avons besoin au Maroc de libérer la parole et de débattre à profusion pour réinventer une sagesse et une intelligence collective. Nous avons besoin de parler et de débattre sans tabous et sans violence pour clarifier notre vision et analyser nos attitudes et nos contradictions. C’est cela que je ferai en premier s’il fallait choisir une seule chose. La parole à elle seule pourrait déjà nous sensibiliser contre la corruption, contre l’extrémisme religieux et les idées fausses véhiculées par ses tenants, contre la culture de l’injustice et de la violence, elle pourrait nous motiver à développer l’esprit citoyen et le sens de l’engagement. Elle pourrait faire de nous un peuple confiant en sa capacité de relever les défis et déterminé à aller de l’avant.
J’aime marcher, faire du sport, lire ou bricoler. J’aime aller au cinéma avec mon mari ou avec des amis. Je suis très sociable et j’aime beaucoup rencontrer les gens, discuter. Je suis très sérieuse et j’ai tendance à être un bourreau de travail, mais dans mes moments de loisirs j’adore l’humour et la dérision. Ça permet de relativiser et de ne pas trop se prendre au sérieux.